jeudi 22 janvier 2009

MAGDA MADDHA: LA MUSE REVISITÉE

La pochette de son inoubliable album qui date encore des années dorées du label de légende Bosch Grammoffin, avant sa brutale disparition en 2007.


Née à Besançon-les-Bains en juin 1966, Magda Maddha a grandi dans un indescriptible univers de bossa nova et cha-cha-cha, d' art contemporain et de cinéma d'ombres chinoises, avec des parents qui étaient des collectionneurs fous de toasters éléctriques et de poupées en papier-mâché. Sa rencontre avec l'acteur transformiste et gourou artiste-peintre nord-américain Bo Ming-Xiu est fondatrice : pendant douze ans, elle devient sa muse-hirondelle et pose pour lui entre Lesbos et Carcassone, Djibouti et Salvador de Bahia.

En 1996, elle choisit de se consacrer au théâtre de faux-semblants et entre au prestigieux Conservatoire national de théâtre de Pontarlier où elle restera 4 ans et demi. Décontenancée, elle soutient à Paris une maîtrise de Cinémas du monde en 1999 et, dans un élan de génie médiatique, elle se renferme à clé dans une cabine téléphonique quatre jours durant. Magda Maddha est choisie à la même année par Hypollite de Marseille pour figurer dans son clip révolutionnaire «Chuis pas Gainsbourg» de Serge Farnborough. C'est le coup de foudre et s' opère une monumentale et longue rencontre sentimentale, animiste, sensuelle et politique avec le chanteur des "Mille feux dans mon jardin d'hiver". Ses admirateurs ne se lasseront jamais des ballades teintées de sous-entendus et d'érotisme raffiné qui se trouvent dans l'aujourd'hui mythique album "Une affaire de bouche", incursion intimiste dans le royaume des sensations tactiles et de saveurs éxotiques mais, hélas, qui demeure fruit unique de cette collaboration sans égale dans l'histoire de la musique contemporaine.

Quelques mois plus tard, un nouveau coup de foudre et un nouvel album-document pour la postérité. Cette fois elle se rallie à Vic Daemonium, l'ex-figurant moustachu du groupe de rock pink-punk progressif Moussaka Nippon. Ensemble dans la même baignoire, ils enregistrent en 2001 leur version rock du Kamasutra et plus tard, en 2002, Hypollite de Marseille lui prêtera son inimitable voix de contreténor dans l'historique "Ballade en si mineur pour une chienne dans l'ascenseur", que Magda Maddha adapte, écrit, compose, re-écrit, fait l'orchestration, dessine les affiches et la pochette du disque, et donne encore des opinions pour le mixage de l'enregistrement. Admirable tour de force, convenons.

Curieusement, Magda Maddha produit et enregistre son premier disque solo seulement en 2007, « Portrait de moi en tant que vous », et donne par la suite une série de concerts-éclair dans toute la France métropolitaine, au Maroc et à Tenerife. Inexplicablement, la tournée s'est avérée un formidable échec commercial, une véritable catastrophe majeure, séisme sans précédent dans le monde musical et qui se trouve vraisemblablement, pense-t-on, à l'origine de la disparition tragique du label de légende "Bosch Grammoffin" et de son très célèbre patron, le regretté armateur grec César Monrovia.

En fin 2008, deux collaborations d'anthologie : la première avec Arnaud Pichet, musicien-saltimbanque spécialisé en galeries métros et grands spaces publics, en vue d' un album de succès des années folles en nouvelles lectures; et la seconde avec Delphine Vouss, plasticienne à la silhouette furtive, pour un film noir expérimental où l' image des rêves folâtres se mêle au chant le plus paradoxal, mais surtout du fait de sa nouvelle aventure solo avec un toaster électrique...

Honi soit qui mal y pense.

0 commentaires: