vendredi 10 octobre 2008

MADAME BARDOT VUE PAS COMME À LA TÉLÉ

Illustration réalisée à la gouache pour illustrer un article sur Brigitte Bardot qui devrait apparaître dans un magazine suisse romand.

Brigitte Bardot vient d'écrire une lettre à Sarah Palin pour dénoncer sa «totale irresponsabilité» envers l'environnement. Personellement, les opinions de Dame Bardot ne trottinent dans ma tête au-delà du temps que je les lis dans les journaux. Et Sarah Palin... (ce nom me dit quelque chose...)

Plus sérieusement, cette apparition inopinée m'a stimulé à aller chercher dans un vieux cartable pour finalement retrouver l'original d'une caricature de l'ex-"sex-cymbal" (tiens, c'est musical ça!) qui m'avait été commandée au début des années 90 par un magazine romand. Détail curieux qui ne m'a jamais échappé c'était le filtre flou qu'on utilisait sur certaines caméras lors des interventions de Madame Bardot à la télévision française, ces années-là. Cela faisait bizarre, résolument. On voyait l'ensemble de visages sur le plateau, celui de l'animateur et de ses invités de manière totalement nette, et pourtant dès qu'on cadrait le visage de l'ancienne actrice-chanteuse, alors-là c'était le flou qui avait raison des formes, des détails, voire de l'expression même. Histoire d'y cacher le passage des années, à l'évidence. D'accord, Dieu créa la femme, et la vaseline créa le flou. Toutefois, je n'ai jamais su si une telle singularité était-elle dû à une imposition venant de Mme. Bardot elle-même, ou si dû au zèle suprême de la part de ses anciens dévots, devant l'horreur que pourrait-il susciter un visage devenu icône de beauté sensuelle à tant des Français et d'admirateurs dans le monde, en se montrant ainsi fragilisé par le temps, comme le vôtre ou le mien, enfin, comme celui d'un commun mortel. Or ce serait une impolitesse de lèse-majesté, convenons, les amoureux de bêtes du monde entier auraient-ils pu bien s'en passer.

Cette caricature – qui a suscité l'indignation, je m'en souviens, d'une certaine cheffe photo et ancienne Bardot-lâtre, selon m'avait-elle même avoué – n'était donc pas publiée mais, néanmoins, elle a restée longtemps parmi mes favorites. Le bel effet plastique suscité par les rides dans un visage, surtout sous le bon éclairage, est une chose qui me séduit toujours. En tant qu'artiste, bien entendu. Le côté humain que cela évoque il me touche déjà moins, car comme disait le poète, "même si j' ai raison ou si j'ai tort, mes rides se dessineront sans remords"..

1 commentaires:

Kathleen Lessa a dit…

Il est connu: le temps est si cruel... la beauté est éphémère...
on finit par payer très cher pour l'image publique qui a été créé. Mais il est vrai aussi que d'essayer de maintenir tout cela peut entraîner dans le ridicule,créer une caricature horrible.___ Une formidable chronique, mon bien aimé ami. Bisous brésiliens, Kathleen __ Em tempo, respondendo sua pergunta: PATOÁ é dialeto,; PATUÁ é amuleto, "bentinho", tipo de escapulário.